CENACLE DE DOUAYEUL

03 novembre 2012

FestiPoesie 17 novembre 2012

Vous êtes invités à la manifestation

 

10h –réunion du jury du Prix des beffrois ----  réservé aux membres du  jury final ---- bibliothèque Marceline Desbordes -Valmore de DOUAI salle d’expo

 

12h repas en commun avec les membres du jury final (pour un menu unique mini prix) réservez vos places

TTTTTTTTT

SALLE D’ANCHIN

 17h30                         * présentation du président du jury  Jacques MESSIANT

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* proclamation du prix des Beffrois 2012 –appel au téléphonedes lauréats( s’ils ne sont pas présents=)

*  découverte des recueils –prix des beffrois 2011

LECTURE de Patrick DEVAUX

* découverte du recueil du « choix de Jeanne –associé au prix du Touquet 2011 

Nicolas GILLE l Éberlué

* découverte de l’Anthologie « quelques instants dans un jardin »

* découverte de l’anthologie « Les peintres au Cénacle de Douayeul »

* …Théâtre .. Et compagnie –prestation théâtralisée : hommage a Jacques Messiant

*  chorale Tempo de CAMBRAI

 

Buffet campagnard offert

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27 août 2011

SUPPLÉMENT AUX FEUILLES JUIN / SEPTEMBRE

Née à Paris, Audrey Bernard a résidé une bonne partie de sa vie à Boulogne sur mer, ville qu’elle aimait et où elle puisait toute sa vigueur d’inspiration dans les rivages de ses côtes avec la perspective infinie de la mer

Onze recueils jalonnent son parcours poétique Un de ses premiers ouvrages avait été très tôt reconnu « par la rose et le sable » et couronné par la spaf (société des poètes et artistes de France) Au fil des ans, elle recueillit de nombreux prix parmi lesquels le Prix Marcelline Desbordes-Valmore –de la Société  des poètes Français Le Prix de la ville d’Angers et même le prestigieux Prix Max-Pol Fouché ( 1987) pour « la nuit des Hespérides » Les présentations-préfaces de ses ouvrages furent également signées de noms illustres (Jehan Despert, Jean-Paul Mestas , Edouard Glissant Pierre Dhainaut etc …) Elle avait également ses entrées dans beaucoup de revues et dans plusieurs anthologies.

Elle fit partie de quelques associations poétiques entre autres Bulle en ternois de son amie Jeanne Maillet Elle était également peintre et conférencière 

Elle est décédée en mai 1997 et fut enterrée dans le cimetière de Boulogne sur mer auprès de son époux Jacques Douézi

Un long compagnonnage en poésie avec Audrey Bernard

 

Audrey Bernard et jeanne Maillet

Vingt ans de "compagnonnage" en poésie (I977-I997) cette dernière date étant celle de la mort d'Audrey Bernard (un 3O Mai) voilà ce que fut un temps  d'amitié forte et belle avec ce poète.

Deux anecdotes sont assez significatives, du moins à mes yeux - et aux siens - nous qui portions un intérêt majeur aux signes adressés par la vie: j'ai rencontré pour la première fois Audrey lors d'une séance de remise de prix (dont le thème était  l'eau)à Bruay-en-Artois Salle de l'Hôtel de l'Univers (ce qui était déjà tout un programme), cet "univers" se voulant un "royaume". Et ma dernière visite à elle alors très malade et affaiblie, eut lieu dans son appartement de la résidence "Héliodore" à Boulogne-sur-Mer, rue de la Paix. Tout un programme encore que cette "Porte du Soleil" (tant cherchée) et cette rue de la Paix (enfin trouvée pour elle, la batailleuse.)

Voila pour ce genre de réflexions qui sont loin de  me paraître anodines.

Quant à l'itinéraire poétique d'A. Bernard, elle me devança de très peu et par le même biais: celui de la participation à la Société des Poètes et Artistes de France où officiait alors en grand maître, à Cysoing, Clovis Sergeant (cet excellent poète, à l'œuvre trop méconnue). Elle y obtint d'emblée le Grand Prix (I976) avec un manuscrit "Par la Rose et le Sable", livret qui contenait déjà ou à peu près l'essentiel de sa pensée et de son écriture poétique.

 

 

 

Prix Max Pol Fouchet avec le titre "La nuit des Hespérides", livret préfacé par Édouard Glissant, poète Martiniquais récemment disparu.

À St Pol sur Ternoise, au Cercle Poétique (qui connut 25 belles années d'existence) on se souvient du passage d'Audrey avec les "causeries" qu'elle y donna ( 6 ) et deux expositions de ses peintures (car elle aimait aussi taquiner le pinceau ou confectionner des "collages" toujours très symboliques, voire énigmatiques ? Mais ces expositions et prestations toujours dans la plus belle et chaleureuse ambiance artistique (ceci au Musée local de la Ville)

Nous eûmes aussi le privilège d'être toutes deux reçues en Écosse, à Édimbourg, par la Poetry Society of Scotland, grâce à l'intermédiaire d'un ami poète commun, spécialiste de Marie Stuart : Robin Bell.

Dans sa ville de Boulogne sur Mer, A Bernard poursuivait la même quête artistique (avec les Cahiers du Vieux Boulogne auxquels elle coopérait) en étant guide pour les Monuments Historiques dans divers circuits de la ville.

Que ce bref survol de la vie d'un poète ne soit pas trop réducteur!

Je pourrais mentionner aussi ces pierres voisines à Tournai,  à "l'escalier des poètes" où est gravée sur la sienne cette belle pensée: "Toute moisson est à venir pour l'homme délivré du temps".Celle que j'occupe, un peu plus bas portant celle-ci :"Soleil, compagnon de nos haltes pensives".

La poésie, chez Audrey, se vivait au gré d'humeurs, de compromis avec le quotidien, de vastes doutes sur notre vraie place dans la vie. Il est bien possible que sa personnalité fût "double" (à la manière d'un Janus à deux visages) et qu'elle n'en présentât que le côté qui l'arrangeait (ou qui la dérangeait le moins, sur le moment!)

Son talent et sa "force" poétique s'imposent cependant par cette alliance de mystère et de majesté, de puissance d'imagination qui pouvait aller jusqu'à la vision, sorte de projection mentale des êtres et de la destinée apocalyptique de notre Terre!

Ces Feuilles de poémier accueillent aujourd'hui dans leur arbre  fraternel ces lignes d'un singulier à-propos:

"Gardez-moi encore un peu dans la maison de feuilles"

Est-ce là encore un beau clin d'œil du Temps et de la Poésie?

Dans ces pages donc, Audrey Bernard repose avec sérénité?

Jeanne Maillet

QUELQUES TEXTES D'AUDREY BERNARD

 

Sur l’allée sombre du canal

le silence des cygnes

hante l’automne

perpétue l’immobilité du lieu

dans l’enceinte de pierre

à l’abri du temps

 

La mort qui vit en toi

installe ses fuseaux

tisse déjà le suaire du silence

            offrande épanouie

toute naissance est à parfaire

dans l’aberration des désirs

 

La mousse aux pentes des terrasses

et sur les marches oubliées

la fissure du temps s’affermit

Des insectes de couleur

griffe l’eau morte des fossés

entre les gestes des roseaux

 

Silence à l’approche de l’hiver

solitude pour les yeux

 

Voyage entre les iles (Béné- Nîmes 1980)

 

Vivre à l’encontre du poème

Quand tout désir est aboli

 

Le pain sur la table à midi

c’est le soleil sans artifice

Sans ton pied nu

l’insecte au noir venin proteste

 

Il faudrait l’eau de la mémoire

pour tapisser d’azur les murs lointains

pour ouvrir en riant la porte aux cent rumeurs

 

Sursis pour une aube

 

Encore un peu …

nos regards se rappellent

la fraicheur des matins

sur le sable engourdi

le ciel en camaïeu

au tablier des lavandières

 

Le vieux langage ressuscite

Un oiseau feu secoue les mots

pour nous perdre dans son miroir

 

Dans ce Pays comme au début du monde

Collaboration avec Jeanne Maillet et

 Jean-Paul Mestas (Barre Dayet coll. jalons)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 juillet 2011

Evelyne Leroy

 

Conversation sur un banc    

D’après un tableau d’Évelyne Leroy

 evelyne Leroy

Un banc de soleil et d’ombre

Abrite les rencontres

Tous les jours, à heure fixe, il est là par hasard

Avec des images à partager,

Des petits riens d’une vie ordinaire

Des petits riens qui s’échappent du temps

Là où la maison de retraite laisse des vides.

 

Il dit ces souvenirs qui le poursuivent

Qui l’aident à passer d’un jour à l’autre,

 À évoquer moments tristes et moments joyeux.

 

Appuyé sur sa canne

Il happe le passant

Celui qui a un instant,

Une oreille à offrir

Même si l’autre l’écoute du bout de l’esprit.

 

Un passant,  parfois le même parfois un autre

 Écoute parler d’une femme qu’il ne connaitra jamais

Dont le temps a gommé les défauts,

Il écoute les conseils de jardinage

Sans dire qu’il habite au quatrième étage.

Il écoute parce que c’est son rôle d’écouter

C’est son rôle de passant

Qui sait que cela fera passer les heures

Un  chien l’accompagne,

Qui est comme lui, patient

Qui accepte  une pause obligée dans la promenade

 

La voix de l’homme est un ronronnement rocailleux

Une voix à la Gabin …. Une voix venue de son cinéma personnel

Qu’un hochement de tête suffit à relancer

 

Il reviendra un jour ou un autre

Sur ce même banc

Peut être lui, peut être un autre

 

Et pendant ce temps, …..Un peintre passe

 

Textes  des Lundis de l’équitable du 2 mai 2011

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autour du tableau de Martine Humbert

 

La maison oubliée

D’après le tableau de Martine Humbert

 P1000035martine humbert 2

 

 

 

Maison aperçue au détour d’un chemin.

Maison un peu perdue derrière arbres et jasmin.

Elle a un air triste les soirs d’hiver

Quand  esseulée elle écoute le hibou

Qui fait  peur aux passants.

 

La porte est ouverte aux vents et à la pluie.

Les vieux carrelages disjoints résonnent de tous les bruits

du furtif passage de quelque animal nocturne

aux envolées pressées de la chauve souris.

 

Les fenêtres tentent une protection futile.

Les reflets de sa mare n’attirent  plus les pêcheurs.

Les broussailles ont envahi les parterres,

les roses trémières ont laissé leurs tiges grises et fanées

se répandre sur le sol.

 

Dès que le printemps approche,

L’appel de son vieux toit

réveille les couvées d’hirondelles .

La cascade glousse et attire les canards de passage.

La vie se réveille sous les rayons de soleil.

Et même le vieux rosier planté par mon grand-père

reverdit et promet des bouquets odorants pour tout l’été

 

texte collectif fiat à l’Équitable le 4 avril 2011

 

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21 février 2011

autour de Fabienne Clin

CHEVAL DE MANÈGE

D’après une aquarelle de Fabienne CLIN

Chaque été, lorsque je vois les manèges

Les odeurs de mon enfance

Surgissent sur la place.

Entre les chevaux de bois

Et la barbe à papa.

L’orgue de barbarie

Fait entendre sa musique

Et moi en descendant

J’avais le vertige.

Dans une brume légère,

Il m’en souvient ma fille,

Les chevaux tournaient

Au son d’une ritournelle

Je pensais qu’ils étaient bien appris

De tourner en rond sans plus de façon ;

Avec lenteur, avec douceur.

Au rythme de la chanson

Dans mon esprit d’enfant

Ils conversaient ensemble

Ces jolis chevaux de bois

Blancs harnachés de rouge.

Je les imaginais,

Tout au fond de mon rêve

S’échangeant des souvenirs

D’herbe tendre et d’air pur.

Ils se parlaient

De courses folles

Sur la lande

et des chemins de caracole.

Un cheval se cabrait

Sous l’œil de ses complices

Dans une lumière magique

Qui lui donnait vie

Il descendait du manège

Galopant vers la liberté

Lui l’élu, le rebelle

Il illuminait mon rêve.

Texte collectif issu du lundi 15 novembre à l’Équitable de Douai

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30 octobre 2010

les textes de l'Équitable

LE VIEUX ET SA JUMENT

equitable_octobre_2010_7

Le vieux paysan est joyeux.

Il couve de son œil malicieux

Sa compagne des jours de peine,

De travaux des champs, de froides haleines.

Il sait que ces temps sont terminés,

Qu’il n’a plus à l’harnacher.

Ni colliers, ni charrue,

Ces moments sont révolus.

C’est une vieille et blanche jument

Qui tend des naseaux frémissants

Et dans l’air vif et matinal

Foule encore le sol rural.

De ces années de labeur et de complicité.

Resteront les images du passé

Du maréchal-ferrant

De l’angélus au milieu des champs

Maintenant l’âge est venu

Le tracteur a remplacé la charrue

Le fils à son tour trace le sillon

À son tour le tourbillon.

Il restera les souvenirs et la tendresse

S’accompliront les promesses

Le vieux lui murmure à l’oreille

Que pour elle de l’herbe sera toujours sans pareille.

Texte collectif du Le 4 octobre 2010 à l’équitable

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dragon_de_feu_1

DRAGON DE FEU

Le dragon l’a emportée

Loin, si loin.

Elle s’est lovée en lui,

Douce Ève

Au corps abandonné,

Lisse, épuré,

Purifiée par le feu.

Elle est d’air et d’eau

Et ne craint pas

Le feu qu’elle apprivoise

Et qui l’emporte

Dans la forêt intemporelle.

Pour elle, il adoucit

Son corps rugueux

Il couche ses écailles

Pour ne pas blesser

Sa « gracieuse » qui l’a séduit

Et apaisé de ses colères

De ciel d’orage

Ils célèbreront

La fusion de leurs âmes

Dans cet autre temps

D’amour et de mystère.

Texte créé avec les participants aux lundis de l’Équitable le 7 juin 2010   

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11 octobre 2010

feuilles de poémier ... oct / nov 2010

IMAGE POUR ÉCRIRE

POURQUOI PAS ?

Cocon de soie

Forme ronde, lisse, tendre au toucher

Tu enveloppes peut-être un futur papillon

Quel drôle de nom

pour un petit pape !

mais pourquoi pas ?

Tes fils dissimulent-ils une araignée venimeuse et velue ?

Un oiseau  bleu prêt à prendre son essor dans l'azur ?

Pourquoi pas ?

une douce jardinière

lèvera bientôt le mystère.       Marie-Noëlle HOPITAL

PRIX DES BEFFROIS 2009

LA  PROMESSE

Toute la vertu du mois d’août

accumule à l’horizon

des raisons de petits soleils

à la recherche de l’abeille

C’est la fleur et le fruit promis

creusés de nuit et de lumière

unis d’une main sous le ciel

comme les feuilles dans les bois

et l’été d’un verre d’eau fraîche

qui laisse le foin et la faux

le rêve au cœur de la saison

comme l’alouette au miroir

Le vent est doux au pré mouillé

comme un soleil noir dans le puits

le jour a des fleurs de mariés

sur la poussière de la table

avec des airs plein la charrette

pour le froment et le vin gris

la mort n’arrête pas la vie

pour peu que l’ombre se fasse humaine.       J-M LIÉNARD

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SOUS L AILE DU POEMIER:

             Le prix de poesie "jeanne Maillet"décerné au Touquet,chaque année,au manuscrit arrivé en second

             au prix des Trouvères sera dorénavant hébergé aux "Feuilles de poémier" avec la publication de

             poèmes de l'auteur remarqué.

                                   Cette année  :Serge ROCHE  pour son manuscrit:

                                   " VERS LE ROCHER TROP LOIN DE MOI "

Parmi les 6 manuscrits retenus en finale au prix annuel des Trouvères, au Touquet, "Vers le Rocher trop loin de moi" a été distingué par le jury, "talonnant " le lauréat ("Passage d'hommes" de Alain Piolot) de très peu. de voix. C'est avec gratitude que nous remercions le Cénacle du Douayeul  " d'héberger" le lauréat de l'année 2OO9 en proposant aux lecteurs quelques -uns de ses tres beaux poèmes.

Sur les 3O textes composant le manuscrit, nous avons choisi  ces poèmes par ordre "d'avancée", c'est-à dire en commençant par le texte du début,, puis, 6  suivant le rythme du poète, et enfin le poème terminal, ce qui nous semblait nous rendre plus proche cette poésie toute d'interrogation, de suspens, de "veille" , de jeux de cache cache avec une nature"exotique" tout d'abord (l'auteur vit en Afrique) ,d'inquiétudes aussi comme si le poète luttait contre un invisible "roc" (celui de la nature humaine? du grand désir de le "briser" pour mieux accéder à une voie- une vie- lumineuse et espérée?

La tentation est belle de donner cette explication qui rete toute personelle. Mais le lecteur pourra, je l'espère, se faire sa propre opinion sur la qualité d'âme de l'auteur et sur la beauté preque "envoûtante" de sa poésie.Place aux poèmes! J.M.

           Le ciel sur la savane

           des jets d'oiseaux fuyant l'orage

            la nuque du rocher

           Et sa tête penchée vers des pistes

                    L'oeil a plusieurs étages

            la main chase la poussière des tempes

            Et les mouches sur l'étroit front de pierre

              essaim de souvenirs trop vifs dans l'instant

           Toujours des cris lointains

                  des paroles

                           et des arbres

            Et des ombres qui longent la racine des toits

                  des cases seules sous les fumées

             L'inquiétude inavouée d'un masque

                     qui se repose

                  le dos offert à la rumeur du soiur

                                                   &&&&&

          Il n'y a pas d'horizon

          Seulement des ajours de dentelles

                à  la cime des frondaisons

          Des parures de feuillages

                 et des claquements d'ailes

           Sur fond d'ocre

         Le blanc cède au noir le mystère

         le sang d'un flamboyant se dilue

         Au matin tout redevient vert.

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27 juin 2010

TEXTES ÉCRITS À L'ÉQUITABLE -- SOIRÉES 2009-2010

D’après « le feu » de Judith DEBRUYN

Le dragon l’a emportée

Loin, si loin.

Elle s’est lovée en lui,

Douce Ève

Au corps abandonné,

Lisse, épuré,

Purifiée par le feu.

Elle est d’air et d’eau

Et ne craint pas

Le feu qu’elle apprivoise

Et qui l’emporte

Dans la forêt intemporelle.

Pour elle, il adoucit

Son corps rugueux

Il couche ses écailles

Pour ne pas blesser

Sa « gracieuse » qui l’a séduit

Et apaisé de ses colères

De ciel d’orage

Ils célèbreront

La fusion de leurs âmes

Dans cet autre temps

D’amour et de mystère.

Texte créé avec les participants aux lundis de l’Équitable le 7 juin 20

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newzad

La ville imaginaire d’après l’œuvre de

Newzad Menaf

Elle rêve, elle rêve,

Son corps alourdi de fatigue

Les travaux de la journée l’ont ravagée

Et dans la nuit soudain fluide

Elle rêve, elle rêve

D’un endroit magique, fleurit

Où les minarets auraient des rosaces de cathédrales

Où le petit chaperon serait vert ou bleu

Où les hommes perchés s’envoleraient à l’aube

Elle rêve, elle rêve

De pensées voyageant d’esprit en esprit

De mains agiles caressant la lune

De fleurs légères poussant da&ns les airs

D’une ville flottant dans une lumière ocre

Elle rêve, elle rêve

De graines semées par des mains divines

D’où germeraient des villes et des campagnes

Des rivières et des rues

Dans un espace d’infinie dimension

Paisiblement entre deux soleils

mai 2010

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D’après « les yeux d’Elsa » de David Leclerc

Qui es-tu belle étrangère ?

Ta longue chevelure   

Cache tes larmes qui brillent encore

Au bord de tes cils.

As-tu fuit ton pays du désert ?

As-tu fuit une famille, un mari, un père ?

Toi seule sais de quoi est faite ta nostalgie

Toi seule sais la peur qui empêche de penser

Tu sais que la folie s’éteint entre deux mondes

Là où les souvenirs se reposent

Après une attente interminable

Mais un jour, tu te tourneras à nouveau

Vers la lumière

Et le rêve habite déjà ton regard.

Texte collectif fait le lundi 1er mars

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livre_jacques_Lef_vre

Culture malmenée

D’après le tableau « le livre » de Jacques Lefèvre

Livre est de papier froissé,

Quelquefois déchiré

C’est la faute des mots

Si le livre est placardé

Crucifié, victime de l’autodafé

C’est la faute des mots

Si le temps s’échappe de l’histoire

Si la connaissance descend et se répand

C’est la faute des mots

Si le squelette démembré d’une histoire

Répand la sève nourricière de la page

C’est la faute des mots

Si l’émotion jaillit et tombe dans la coupe du temps

Si l’imaginaire déborde des paroles qui s’envolent

C’est la faute des mots

Si le monde refuse la connaissance

Si le livre pleure

Et que les mots passent

Décembre 2009

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15 avril 2010

le tag

La gitane

Elle vous regarde de profil,

La chevelure dense.

Pour se donner un style,

De sa bouche, elle balance

Des volutes dignes du grand Serge.

Peut-être prendrez-vous un siège

Pour rester là  et l’admirer.

Croyez-vous pouvoir vous mirer

Dans cette œuvre urbaine ?

Et également humaine.

Dans son regard énigmatique

Est conservé un mystère

Tel un langage ésotérique

Destiné à jamais à se taire.

Olivier Vincourt

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entretien avec Pierre Oster-soussouev

Pierre Oster est notre prochain président du Prix des BEFFROIS, Lors de nos rencontres, nous avons pu recueillir ses réflexions en voici quelques unes sur le langage qui méritent que nous nous y attardions

D.J-L --Henri Mitterrand qui fait la préface de « Paysage du tout » dit que vous êtes onirique, que vous êtes symbolique attiré par ce qui est mystique qu’en pensez-vous ?

P.O  il faut laisser aux  préfaciers que l’on peut avoir dans une vie  la responsabilité de ses propos… Henri Mitterrand qui est un grand spécialiste de Zola avec qui j’ai partagé au cercle  du Livre précieux un tout petit bureau, il s’occupait à ce moment des œuvres complètes d’Émile Zola  et lorsqu’on m’a proposé de publier chez Gallimard cette anthologie dans la collection Poésie Gallimard – une assez bonne collection la question « voulez vous partir seul ou accompagné «  partir seul est parfois un devoir, mais partir accompagné est souvent un plaisir ; donc j’ai pensé à lui qui est un stylistique un rhétoricien qui présente des caractères qui ne sont pas les vôtres et c’est pour cela que j’ai pensé à lui parce que nous étions complètement différents

D.J-L il vous compare pour la pureté de vos mots à Flaubert

P.O  ah vous avez lu cela ? J’avoue que dans l’instant j’avais oublié cette comparaison. Mon admiration pour Flaubert est ancienne et définitive Cette comparaison me semble hardie dans la mesure où je suis un écrivain moyen et que Flaubert est parmi les écrivains les plus grands à la grande bibliothèque lors de l’exposition « Brouillons d’écrivains » il y a des brouillons qui m’ont jeté dans un état de semi extase ; c’est là que des gens comme moi tentent de construire à des pages transparentes équilibrées étonnantes  mais échouent ….

D.J-L  on évoquerait ici volontiers Flaubert pour la recherche du mot et du ton juste sans les échos de l’ironie que Pierre  réserve à la conversation privée et Mallarmé pour les emprunts aux ressources lexicales de l’âge classique voici votre livre que j’ai noté (et non pas annotés car on n’écrit pas sur les livres) l’un parle de la pureté La pureté que vous avez acquise est-elle dûe à l’élagage de « vos rejets gourmands »

P.O c’est une très bonne question Voyez cette place plantée de platane … ce n’est pas une plantation naturelle ce sont des artéfacts une création humaine Une haie, un talus rien dans la nature n’est venu de cette façon de même, nous pouvons dire que le langage est en nous, témoin même  de tout ce que les générations successives ont produit de meilleur de plus pur de plus étonnant par la pureté, par la régularité aujourd’hui cela peut paraitre d’un  caractère archaïque pourtant dans les écoles , on nous a appris à écarter certains mots, à renoncer à certaines tournures mais si on se montre attentif à ce qui se passe dans la vie, on peut se rendre compte que chacun d’entre nous tente de restituer à la langue un état édénique, primordial on évite le retour des sons Dans les région où les gens parlent bien, on voit bien que les gens recherchent une certaine pureté et je suis quant à moi, désireux d’exalter la langue dans ce qu’elle a de transparent. Quant aux élagueurs ce sont des gens responsables du destin de nos arbres  et ce texte Sagesse de l’élagueur, il m’est venu au pied de ces arbres qui étaient livrés au travail de ces professionnels

Élaguer c’est créer du futur, élaguer ce n’est pas du tout détruire au contraire former la substance d’une forme d’avenir Il est dans la nature de l’homme de créer une forme de régularité.

J’ai donc choisi, usant de violence autant que de prudence, d’imiter celui-là qui médite ou invente l’avenir de nos arbres ; qui d’abord pratique le sacrifice des rejets, des gourmands, qui, se hissant à la hauteur du bouquet, interroge la sève  et lui ménage des issues voluptueuses, qui, enfin , dans une manière de climat tragique, parie au milieu des brindilles pour une forme de continuité délicate .

pierre_oster

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